Saviez-vous que la majorité des soins courants prescrits par votre médecin peuvent être réalisés directement chez vous, sans déplacement en cabinet ou à l'hôpital ? Pourtant, beaucoup de patients et de familles ignorent l'étendue réelle des soins infirmiers à domicile et les actes qu'une infirmière est habilitée à pratiquer. En Belgique, le cadre légal — défini par l'Arrêté Royal du 18 juin 1990 et la Loi coordonnée du 10 mai 2015 — distingue trois catégories d'actes : les actes B1, réalisables en toute autonomie sans ordonnance, les actes B2, nécessitant une prescription médicale, et les actes C, délégués par un médecin qui doit être physiquement présent dans le bâtiment. Installée à Marcinelle, Tracy Yoldi, infirmière indépendante, accompagne chaque jour des patients à domicile en réalisant bon nombre de ces soins, avec rigueur et bienveillance. Voici le top 8 des soins les plus fréquemment réalisés par une infirmière à domicile en Belgique — et une bonne nouvelle : depuis le 1er novembre 2025, une réforme majeure (AR du 8 septembre 2025) simplifie considérablement les démarches administratives pour les patients et les professionnels.
Les soins d'hygiène constituent probablement le premier motif d'intervention d'une infirmière à domicile. Toilette complète au lit, au lavabo ou sous la douche, soins périnéaux, hygiène buccale, entretien des prothèses dentaires, lavage des cheveux en position allongée : autant de gestes essentiels pour les personnes en perte d'autonomie. L'infirmière assure également la prévention des escarres en procédant à des changements de position réguliers, à une inspection minutieuse de la peau et à l'application de produits préventifs. Une escarre non prise en charge peut rapidement évoluer en infection grave.
Ce qui surprend souvent les familles, c'est qu'aucune ordonnance médicale n'est nécessaire pour ces soins. Il s'agit d'actes B1 : c'est l'infirmière elle-même qui évalue le niveau de dépendance du patient grâce à l'échelle de Katz, qui porte sur 6 domaines précis — se laver, s'habiller, se déplacer, aller aux toilettes, la continence et la capacité à s'alimenter — et qui introduit directement la demande de remboursement auprès de la mutualité. Cette évaluation doit être réalisée chaque mois et reste valable un an ; une réévaluation régulière est donc indispensable, sous peine de perte du remboursement du forfait journalier. Le remboursement s'effectue via un forfait journalier — 21,90 € pour le forfait FA, 42,20 € pour le FB, et 57,72 € pour le FC — selon le degré de dépendance constaté. À noter : une seule toilette par patient par jour est remboursée.
Au-delà des soins d'hygiène et des soins de plaies, d'autres actes B1 courants sont réalisables sans ordonnance et restent souvent méconnus des patients : administration d'oxygène, enlèvement manuel de fécalome, soins vulvaires aseptiques, soins aux stomies cicatrisées (avec codes de nomenclature propres), enlèvement de corps étrangers non incrustés dans les yeux (si le corps étranger est incrusté dans les tissus, une orientation médicale est obligatoire), bains thérapeutiques, thérapie par la chaleur ou le froid, ainsi que lavage du nez, des oreilles et des yeux. Ces actes élargissent considérablement le champ d'intervention de l'infirmière à domicile, y compris dans le cadre d'une hospitalisation à domicile à Marcinelle.
⚠️ À noter : même pour un acte B1 réalisable sans ordonnance infirmière, si le soin implique l'administration d'un médicament prescrit, la prescription médicale de ce médicament reste obligatoire. Par exemple, l'administration d'un médicament par inhalation est un acte B1, mais le médicament lui-même doit figurer sur une ordonnance médicale. Cette distinction, précisée par le Conseil fédéral de l'art infirmier (CFAI), est importante : « pas besoin d'ordonnance pour l'acte infirmier » ne signifie pas « pas besoin d'ordonnance du tout » — les deux types de prescriptions sont indépendants l'un de l'autre.
Injections intramusculaires, sous-cutanées, hypodermiques ou intraveineuses directes : l'infirmière à domicile réalise quotidiennement ces gestes techniques. On pense par exemple à l'insuline pour un patient diabétique, aux anticoagulants après une chirurgie, aux antibiotiques par voie intraveineuse ou encore aux vitamines prescrites en cure. Ces actes relèvent de la catégorie B2 et nécessitent donc une prescription médicale. Celle-ci doit obligatoirement mentionner l'identification du patient et du médecin prescripteur, la date, le nom du médicament, le numéro INAMI et la signature complète du médecin, le dosage, la fréquence et la durée précise du traitement. La mention « jusqu'à guérison » n'est pas admise par l'INAMI comme durée valide. En cas de contrôle INAMI, si la prescription est incorrecte ou manquante pour un acte B2, c'est l'infirmière — et non le médecin — qui est tenue légalement responsable du défaut de prescription valide.
Depuis le 1er novembre 2025, une évolution majeure allège les démarches : l'infirmière n'a plus besoin d'une ordonnance d'exécution distincte pour réaliser et faire rembourser ces injections. La prescription du traitement par le médecin reste bien entendu obligatoire, mais la procédure est simplifiée. À titre indicatif, une injection intramusculaire est facturée environ 5,80 €, remboursée via la mutualité avec le système du tiers payant.
???? Conseil : pour les patients chroniques recevant des injections quotidiennes ou hebdomadaires sur une longue durée, demandez à votre médecin traitant d'établir un « ordre permanent ». Il s'agit d'un schéma de traitement préalablement établi et documenté, qui autorise l'infirmière à réaliser des actes B2 sans qu'une nouvelle ordonnance soit rédigée à chaque passage. Cette option doit être demandée explicitement au médecin ; elle ne s'applique qu'aux actes et médicaments déjà définis dans le protocole initial, et ne dispense pas de renouveler la prescription si le traitement est modifié ou prolongé au-delà de la durée prévue.
Depuis la réforme de la nomenclature du 1er décembre 2022, les soins de plaies sont classés en catégorie B1. Concrètement, cela signifie que l'infirmière peut débuter les soins sans ordonnance, y compris pour les plaies complexes. La nomenclature distingue plusieurs catégories : les pansements simples (cicatrisation attendue en moins de 14 jours), les soins de plaie complexes (escarres, ulcères, plaies chroniques non cicatrisées après 14 jours) et les soins spécifiques (brûlures du 2e ou 3e degré, greffes, ulcères d'une superficie définie), qui impliquent des séances d'au moins 30 minutes. Point important : si la durée effective d'un soin de plaie « spécifique » est inférieure à 30 minutes, le soin ne peut pas être coté dans cette catégorie et retombe automatiquement en catégorie « complexe », avec le tarif correspondant (environ 15,00 €). L'infirmière doit documenter la durée effective dans le dossier infirmier pour justifier la cotation.
Une obligation importante encadre cette autonomie : l'infirmière doit notifier le médecin dans les 5 jours suivant le premier passage, par voie électronique sécurisée. Elle est également tenue de photographier la plaie lors du premier changement de pansement et de conserver cette image dans le dossier infirmier. Les tarifs indicatifs se situent autour de 7,50 € pour un pansement simple et 15,00 € pour un soin de plaie complexe, remboursés par la mutualité.
Plus besoin de vous rendre au laboratoire si votre mobilité est réduite. L'infirmière à domicile peut effectuer un prélèvement veineux ou capillaire sur prescription de votre médecin traitant, puis transmettre les tubes au laboratoire. Les résultats sont ensuite communiqués directement au médecin prescripteur.
Attention toutefois à ne pas confondre ce prélèvement avec le contrôle de glycémie capillaire, qui relève quant à lui d'un acte B1. Ce dernier ne nécessite aucune ordonnance et permet de surveiller quotidiennement le taux de sucre dans le sang d'un patient diabétique, par exemple.
Mise en place, surveillance et ablation d'une perfusion : voilà un autre acte courant que l'infirmière réalise à domicile, sur prescription médicale. Qu'il s'agisse d'une hydratation par voie intraveineuse, d'une administration d'antibiotiques ou d'antidouleurs, le patient peut recevoir ces soins dans le confort de son foyer.
L'infirmière est également habilitée à placer un cathéter intraveineux périphérique (acte B2). En revanche, il ne faut pas confondre ce geste avec la pose d'un cathéter central — comme le PICC ou le cathéter sous-clavier — qui relève de la catégorie C et nécessite la présence physique d'un médecin dans le bâtiment.
Sonde vésicale pour les patients souffrant de troubles urinaires, sonde gastrique pour une alimentation entérale : l'infirmière à domicile assure la pose, l'entretien, la surveillance et l'ablation de ces dispositifs. Ces actes relèvent de la catégorie B2 et nécessitent une prescription médicale.
Bonne nouvelle là encore : depuis novembre 2025, la prescription d'exécution distincte n'est plus requise pour ces soins. Seule la prescription initiale du traitement par le médecin demeure obligatoire, ce qui allège considérablement les démarches pour le patient et sa famille.
L'infirmière à domicile ne se limite pas aux gestes techniques ponctuels. Elle assure aussi un rôle de surveillance clinique essentiel : contrôle de la glycémie capillaire (B1), prise de tension artérielle (B1), mesure de la température, et observation attentive des effets secondaires des médicaments. Cette veille permet une coordination efficace avec le médecin traitant.
L'administration de collyres et de pommades ophtalmiques médicamenteuses fait également partie de ses attributions (acte B2, sur prescription), notamment en période postopératoire — remboursée jusqu'à 30 jours après l'intervention, avec un maximum de 3 passages par jour. Par ailleurs, une consultation infirmière remboursable (code INAMI 429015, d'une valeur de 31,80 € intégralement remboursée) peut être réalisée jusqu'à une fois par an pour les patients bénéficiant de soins d'hygiène au moins deux fois par semaine sur une période ininterrompue d'au moins 28 jours.
Oublier un médicament, confondre des comprimés, se tromper de dosage : ces risques sont réels, surtout pour les patients polymédiqués ou âgés. L'infirmière peut préparer le pilulier hebdomadaire (code INAMI 424874), après accord préalable du médecin (code 424896). Cette prestation, remboursée intégralement à hauteur de 29,79 €, est limitée à une fois par année civile et par patient éligible.
Depuis janvier 2024, les aides-soignants intégrés dans une équipe structurelle peuvent administrer des médicaments oraux préparés par l'infirmière, à condition que celle-ci garde la responsabilité de la préparation et du contrôle. Exception importante : cette délégation est interdite en cas de troubles de déglutition présentant un risque de pneumonie par fausse route. L'infirmière reste légalement responsable de la préparation du pilulier, même lorsque l'administration est déléguée.
Au-delà de ce geste concret, l'infirmière joue un rôle d'éducation thérapeutique. Elle explique le traitement au patient et à sa famille, aide à la gestion de la douleur, et fait le lien avec le médecin traitant ainsi qu'avec les autres intervenants à domicile. Cette dimension humaine est indissociable de la qualité des soins.
???? Conseil : si une aide-soignante intervient à domicile pour administrer les médicaments à la place de l'infirmière, vérifiez qu'elle agit bien dans le cadre légal décrit ci-dessus et que l'infirmière a effectivement préparé le pilulier en amont. N'hésitez pas à poser la question lors d'un passage de l'infirmière : il en va de la sécurité du patient.
Il est tout aussi important de connaître les limites légales de l'exercice infirmier. Certains actes restent strictement réservés aux médecins et ne peuvent jamais être délégués :
Les actes C — comme la pose d'un cathéter PICC, la ponction d'ascite ou la suture cutanée post-traumatique — ne peuvent être réalisés qu'en présence physique du médecin dans le bâtiment, ce qui les rend difficilement applicables à domicile. Le débridement d'escarres de décubitus, quant à lui, est un acte C réservé aux infirmiers gradués ou brevetés sous délégation médicale. Face à une dégradation clinique rapide ou à des complications nécessitant un plateau technique, l'infirmière orientera systématiquement vers le médecin ou l'hôpital. Rappelons qu'elle reste responsable de ses actes, même lorsqu'elle exécute une prescription médicale.
Pour les actes B1 comme la toilette ou les soins de plaies simples, aucune ordonnance n'est nécessaire : vous pouvez contacter directement l'infirmière. Pour les actes B2 — injections, perfusions, prises de sang, sondes — il faut obtenir la prescription médicale auprès de votre médecin traitant avant le premier passage. Depuis novembre 2025, la prescription du traitement reste obligatoire, mais la prescription d'exécution distincte est supprimée pour la plupart des actes courants.
Pour éviter toute avance de frais, choisissez une infirmière conventionnée INAMI disposant d'un numéro INAMI valide : le tiers payant s'applique alors automatiquement. Si l'infirmière n'est pas conventionnée INAMI, elle peut pratiquer des honoraires libres supérieurs aux tarifs officiels ; dans ce cas, le patient avance la totalité des frais et n'est remboursé par sa mutualité qu'aux tarifs officiels INAMI, le surplus restant définitivement à sa charge, sans recours possible. Présentez votre carte d'identité électronique (eID) à chaque passage pour activer la facturation directe à la mutualité via MyCareNet. En cas d'urgence, sachez qu'une prescription orale du médecin par téléphone ou webcam est acceptée par l'INAMI, à condition d'une confirmation écrite dans les 5 jours calendrier. Pensez également à ouvrir un Dossier Médical Global (DMG) chez votre médecin traitant pour optimiser vos taux de remboursement, et, si vous êtes lourdement dépendant, à demander l'évaluation de l'échelle de Katz pour activer les forfaits journaliers.
Les bénéficiaires de l'Intervention Majorée (statut BIM/Omnio) bénéficient d'un ticket modérateur très réduit — par exemple, 0,31 € seulement pour les forfaits de dépendance, contre plusieurs euros pour un patient ordinaire — et de nombreux actes sont remboursés à 100 % pour eux. Le statut BIM s'applique automatiquement si le patient perçoit certaines allocations sociales ou si ses revenus annuels sont inférieurs aux plafonds légaux. Toutefois, ne supposez pas que ce statut est activé sans vérification préalable : avant le premier passage infirmier, contactez votre mutualité pour vous en assurer.
Par ailleurs, le Maximum à Facturer (MAF) est un mécanisme de protection financière légale particulièrement utile pour les patients recevant des soins infirmiers quotidiens sur de longues périodes. Lorsque les frais médicaux annuels d'un ménage (tickets modérateurs cumulés) dépassent un plafond légalement défini, le ménage peut obtenir le remboursement de l'intégralité des tickets modérateurs au-delà de ce seuil, auprès de sa mutualité. Attention : le MAF n'est pas toujours activé automatiquement. Le suivi et la demande doivent être initiés par le patient ou sa famille. Il ne faut pas non plus le confondre avec le tiers payant : ce sont deux mécanismes distincts.
???? Exemple concret : Madeleine Courtois, 78 ans, résidant à Marcinelle, est diabétique de type 2 et en perte d'autonomie progressive. Elle bénéficie chaque matin d'une toilette complète (forfait FB à 42,20 €) et d'une injection d'insuline quotidienne. Son médecin traitant a établi un ordre permanent couvrant le schéma d'injection pour 6 mois, ce qui évite de renouveler l'ordonnance à chaque passage. Grâce à son statut BIM — vérifié auprès de sa mutualité avant le début des soins — son ticket modérateur pour le forfait de dépendance est réduit à 0,31 € par jour au lieu de plusieurs euros. L'année précédente, le mécanisme du MAF lui a également permis d'obtenir le remboursement de ses tickets modérateurs au-delà du plafond annuel applicable à son ménage, allégeant considérablement sa charge financière sur l'ensemble de l'année.
⚠️ À noter : avant le premier passage infirmier, préparez les éléments suivants pour gagner du temps et sécuriser vos remboursements : votre carte d'identité électronique (eID), la ou les prescriptions médicales en cours (pour les actes B2), la vérification de votre statut BIM/Omnio auprès de votre mutualité, et l'ouverture d'un Dossier Médical Global (DMG) chez votre médecin traitant. Ces quelques démarches en amont peuvent réduire à quasi-zéro votre participation personnelle.
Vous résidez à Marcinelle ou dans la région de Charleroi et vous avez besoin de soins infirmiers à domicile ? Tracy Yoldi, infirmière indépendante conventionnée, se déplace directement chez vous pour réaliser l'ensemble des actes présentés dans cet article, dans le respect du cadre légal et avec une attention particulière portée à chaque patient. Écoute, disponibilité et collaboration étroite avec votre médecin traitant sont au cœur de sa pratique. N'hésitez pas à la contacter pour discuter de vos besoins et organiser une première visite.